L’organisation de l’Artillerie > 1- Des débuts à la fin du XIXè siècle > Aux racines de l’artillerie française : Le Corps Royal >
03- Premiers inspecteurs-généraux - 1ère partie
 

Premiers inspecteurs-généraux

M. Devallière père.

M. Devallière fils.

M. Gribeauval, mort en 1789.

La place fut alors supprimée. Elle fut recrée par un arrêté des consuls du 15 niv^ose an 8, & successivement remplie par :

Daboville, nommé sénateur de l’An 11.

M. de Marmont, depuis duc de Raguse, passé l’an 11 au commandement en chef d’une armée, nommé depuis maréchal de France.

M. le comte de Songis, décédé le 27 décembre 1810.

M. le comte de la Riboissière, décédé le 21 décembre 1812.

M. le baron Eblé, décédé le 29 du même mois.

M. le comte Sorbier.

La place fut supprimée en 1815.

Avant qu’on eût en France un corps de troupes affecté à l’artillerie, le canon était servi par des maîtres canonniers brevetés du grand-maître. On ne formoit des compagnies pendant la guerre ; on les licencioit à la paix.

Il existoit, pour commander ces canonniers, un corps d’officiers subordonnés au grand-maître, & tenant de lui leurs commissions ; ils ne reçurent même que sous Louis XIII des grades d’une dénomination commune à ceux des autres troupes, & les premiers brevets de colonel donnés à des officiers d’artillerie datent de ce temps.

Le corps des officiers d’artillerie fut longtemps ce qu’a été celui des ingénieurs du Roi : n’ayant point de rang parmi les autres troupes, il ne pouvoit commander dans les places ; ses fonctions, tout-à-fait différentes de celles de tous les corps militaires, laissoient croire qu’il ne devoit avoir ainsi rien de commun avec elles.

Cependant, ainsi que les ingénieurs, les anciens artilleurs furent toujours susceptibles d’être élevés aux grades d’officiers-généraux, & un grand nombre d’entre eux y parvint.

La garde de l’artillerie fut toujours confiée aux corps les plus distingués : Charles VIII en chargea les Suisses dans ses guerres d’Italie, & l’on sait qu’ils étoient alors la meilleure & peut-être la seule bonne infanterie de l’Europe.

Au retour de la conquête du royaume de Naples, ils s’attelèrent eux-mêmes au canon pour lui faire traverser les Apennins.

Les lansquenets succédèrent aux Suisses dans l’honorable é pénnible emploi de garder l’artillerie. Ces lansquenets étoient un corps d’infanterie allemand, connu par sa bravoure & sa fermeté, que Louis-Philippe prit à son service, parce qu’alors la principale force de l’armée française consistoit dans sa gendarmerie.

François 1er, réconcilié avec les Suisses après l’immortelle journée de Marignan, cette journée qu’on nomme combat des géans, leur rendit la garde de l’artillerie, qu’ils conservèrent jusqu’au grand siècle, où toutes les institutions changèrent en France, pour marcher à la perfection.

Tel fut l’état de l’artillerie relativement aux troupes qui la gardoient et celles qui la servoeint.

Louis XIV réforma en 1668, les canonniers entretenus dans les places, & leva six compagnies de canonniers : leur utilité fut si promptement sentie, qu’on en doubla bientôt le nombre.

En 1671, Louis XIV créa le régiment des fusiliers du Roi pour la garde de l’artillerie. Il fut composé de quatre compagnies de cent hommes chacune : première compagnie, de canonniers ; deuxième compagnie de sapeurs ; troisième & quatrième , d’ouvriers, & prit le nom de fusiliers du Roi, parce qu’il fut le premier qu’on eut en France armé de fusils : les autres troupes ne l’étoient encore que de carabines & de mousquetons. Ce fut aussi par lui que l’on introduisit dans nos armées l’usage de la baïonnette. Les officiers du régiment des fusiliers du Roi furent tirés du Régiment du Roi, infanterie.

En 1672, le régiment des fusiliers, augmenté de 22 compagnies, fut divisé en deux bataillons de douze compagnies de fusiliers, & d’une de grenadiers chacun.

Les bons services qu’il rendit lui firent ajouter, en 1677, quatre nouveaux bataillons de quinze compagnies chacun ; le sixième bataillon fut réformé en 1679.

Avant la formation du régiment des fusiliers du Roi, les travaux dans les arsenaux & les parcs d’ artillerie se faisoient par des ouvriers libres & payés à la journée ; quelques chefs d’ ateliers étoient seulement entretenus à 1’ année par le Roi, & dirigeoient les travaux.

On n’ avoit alors en France que deux compagnies de bombardiers, étrangères au régiment des fusiliers. Louis XIV, à ces deux compagnies, en joignit dix nouvelles, tirées des régimens des fusiliers du Roi, de Navarre, de Champagne, de Piémont & de la marine . Ainsi fut créé en 1684, le régiment-royal-des-bombardiers, augmenté ensuite de deux compagnies en 1686.

Six nouvelles compagnies de canonniers furent formées en 1689, & jointes aux six anciennes. Les premiers régimens de France en fournirent les soldats, & celui des fusiliers du Roi les officiers . Quoique ces douze compagnies de canonniers ne fissent point corps avec le régiment des fusiliers du Roi, on les regardoit comme détachées de ce régiment, & on les donnoit à ses plus anciens officiers.

En 1691, Louis XIV rétablit le sixième bataillon du régiment des fusiliers du Roi. Chacun de ces six bataillons étoit composé de treize compagnies de cinquante-cinq hommes. Le premier avoit deux compagnies d’ ouvriers, le deuxième & le troisième n’en avoient qu’ une chacun ; elles étoient de cent dix hommes, & faisoient nombre parmi les treize de leur bataillon. La France, à cette époque, entretenoit, pour le service de 1’ artillerie, six mille quatrecent quatre-vingts soldats.

En 1693, Louis XIV donna au régiment des fusiliers du Roi le nom de régiment-royal -artillerie.

En 1695, les douze compagnies de canonniers, détachées, furent incorporées dans le régiment-royal-artillerie, dont les six compagnies de grenadiers devinrent compagnies de canonniers . Ce régiment fut réduit, en 1697, à quatre bataillons : chacun d’ eux étoit composé, en 1705, de treize compagnies, dont une d’ ouvriers de soixante-quinze hommes, deux de canonniers & dix de fusiliers de quarante-cinq hommes. Un cinquième bataillon, sur le pied des quatre premiers, leur fut ajouté en 1706. Le régiment-royal-des-bombardiers fut, cette même année, augmenté d’un second bataillon composé, ainsi que le premier, de treize compagnies de cinquante hommes chacune.

Le Roi étoit colonel des régimens-royal -artillerie & royal-des -bombardiers ; le grand-maître de 1’ artillerie en étoit colonel -lieutenant.

Une compagnie franche de canonniers fut levée, en 1702, pour la défense des côtes : elle étoit de deux cents hommes, commandés par six officiers . On la réforma depuis.


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