Général de Corps d’Armée Pierre BOURDEREAU

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Général de Corps d’Armée Pierre BOURDEREAU

Né le 5/04/1934 à Vesoul, le Général Pierre Bourdereau est décédé le 15 mai 2014 à Nîmes.

Pour résumer sa très dense carrière, il nous a paru opportun de reproduire ici l’Ordre du jour prononcé par le Général de Corps d’Armée J Vaujour, Commandant le 3e CA lors de son Adieu aux Armes.

« Le Général de Corps d’Armée Bourdereau fait aujourd’hui ses adieux aux armes au terme d’une carrière particulièrement riche de quarante années.

Saint - Cyrien de la Promotion Amilakvari, il choisit l’Artillerie en 1956 à sa sortie de l’École Spéciale Militaire. Moins de deux mois après son arrivée à l’École d’Application de l’Artillerie de Châlons-sur-Marne, il est affecté au 47e Régiment d’Artillerie qu’il rejoint à Bir Rabalou.

Chef d’une section de la 3e Batterie à pied, le Sous-lieutenant Bourdereau se révèle d’emblée comme un jeune officier d’exception. Sa conduite au feu lui vaut d’être cité à l’Ordre du Régiment dès février 1957, puis à nouveau à l’Ordre de la Division, cette fois, en avril 1958. Au cours de cette première campagne, il démontre déjà pleinement son aisance de commandement faite de courage, de compétence et de chaleur humaine.

De retour en France en 1958, le Lieutenant Bourdereau effectue enfin son Application à Châlons-sur-Marne puis acquiert une spécialisation sol-air à Nîmes.

Affecté au 403e Régiment d’artillerie antiaérienne en juillet 1959, il prend le commandement d’un poste radar- canon au Sud des monts Tlemcen.

Sa maîtrise de ce système d’arme complexe lui permet de faire échouer de nombreuses tentatives de franchissement de la frontière algéro-marocaine et lui vaut une troisième citation De 1960 à 1963, il alterne périodes de spécialisation en France et séjours en Algérie, puis prend le Commandement d’une Batterie à l’Ecole de Nîmes.

A l’issue, Diplômé d’état-major, le Capitaine Bourdereau rejoint l’État-major de la 6e Région Militaire.

Le Chef d’escadron Bourdereau retourne en 1970 à l’Ecole de Spécialisation de l’Artillerie Anti-Aérienne de Nîmes où ses qualités pédagogiques en font un instructeur remarquable aussi à l’aise dans sa technique d’arme que dans le domaine interarmes. Cette aisance se confirme à l’École Supérieure de Guerre où admis en 1973, sa forte et attachante personnalité s’impose au sein de sa promotion. A l’issue, au 53è Régiment d’Artillerie de Müllheim, puis au Commandement de l’Artillerie du 1er Corps d’Armée, le Lieutenant-colonel Bourdereau confirme ses qualités d’officier de troupe comme d’état-major, harmonieux mélange de compétence professionnelle, d’esprit pratique et de contact humain.

En 1980, promu Colonel, il prend le commandement du 53e Régiment d’Artillerie de Müllheim dont il assure avec un succès total la transformation sur le système d’arme Roland et fait un outil opérationnel pleinement efficace. A cette maîtrise des techniques d’arme, le Colonel Bourdereau joint un art du commandement basé sur le souci premier de l’homme qui lui vaut entière adhésion de ses subordonnés, l’appréciation de ses supérieurs et l’attachement fidèle de tout son environnement français comme allemand.

Affecté à Draguignan en 1982, comme Directeur de l’Instruction puis Adjoint du Général, les talents d’organisateur du Colonel Bourdereau lui permettent de conduire avec succès la délicate fusion des Écoles d’Application sol-sol et sol-air de l’Artillerie.

Nommé Adjoint au Général commandant l’Artillerie du 2e Corps d’Armée, il est promu Général de Brigade le 1"’ janvier 1986 puis reçoit en septembre 1987 le Commandement de l’Artillerie de la 1ère Armée. Le Général Bourdereau affirme dans ses fonctions sa totale maîtrise des problèmes liés à la coordination des actions terrestres et aériennes dans la troisième dimension, dont il restera un spécialiste incontesté. Simultanément, il conduit les travaux du Groupe d’étude sur les Feux dans la profondeur dont les conclusions réalistes et constructives font autorité en la matière.

Nommé Commandant de la 2" Division Blindée le 1"’ octobre 1989 le Général de Division Bourdereau crée d’emblée au sein de cette Grande Unité une ambiance de confiance et d’adhésion spontanée à son chef. L’efficacité d’un état-major soudé et les résultats atteints par les divers Régiments font de la Deuxième Division blindée une Grande Unité efficace, brillante et digne de ses riches traditions. A f issue de ce Commandement, le Général Bourdereau prend les fonctions de 1er Adjoint du Général Commandant le 3" Corps d’Armée. Dans un poste délicat durant, deux années et demi marquées pour l’Armée de terre par d’importants changements et beaucoup d’incertitudes, le Général Bourdereau, élevé aux rang et appellation de Général de Corps d’Armée le 1er octobre 1993, va donner une fois de plus le meilleur de sa riche personnalité. Son expérience interarmes comme interarmées, son approche pratique des problèmes les plus complexes, son humour roboratif, sa convivialité, permanente lui valent la considération de ses chefs successifs ainsi que 1’attachement respectueux de tous au sein de l’état-major, des Régiments dont il est autorité unique de tutelle ou des diverses formations du 3ème Corps d’Armée.

Commandeur de la Légion d’honneur et Commandeur de l’Ordre National du Mérite, trois fois cité au combat, le Général de Corps d’Armée Bourdereau peut être légitimement fier d’une carrière pleinement réussie qu’il achève entouré d’un capital d’estime, d’amitié et d’affection rarement atteint. Je tiens aujourd’hui à lui rendre un hommage particulier au nom de l’Armée de terre et tout particulièrement du 3èùe Corps d’Armée, à lui exprimer mes remerciements et l’assurer de mon amitié ».


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