Dossier spécial Mali, Opération Serval (2e partie)

Dossier spécial Mali, Opération Serval (2e partie)

Par FNA
28 avril 2013
Dossier spécial Mali, Opération Serval (2e partie) - FNA

 

Les mouvements armés au Mali

(Le présent document constitue une actualisation de l’étude intitulée « Forces adverses » de la première série consacrée au Mali).

On distingue quatre grandes formations inégalement organisées.

Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), héritier des groupes rebelles touareg sporadiquement actifs depuis les années 1960, est une organisation politique et militaire touareg. Le MNLA a lancé l’offensive rebelle en janvier 2012, réclamant l’autodétermination puis l’indépendance de l’Azawad (nord du Mali).
Ce groupe « traditionnel », sans revendication religieuse, s’est progressivement trouvé évincé par des groupes djihadistes, puis a fait connaître son soutien à l’opération française au Mali, tout en s’opposant à l’arrivée de l’armée malienne dans le nord du pays, craignant des représailles contre les populations locales à « peau claire ».
Les tentatives françaises pour les associer aux négociations politiques se heurtent au ressentiment des populations du sud du pays, qui jugent que le MNLA a déclenché l’enchaînement d’événements qui a précipité l’effondrement du pays.

Ansar Eddine (« défenseur de l’Islam ») est un groupe islamiste touareg basé au nord du Mali, qui souhaite imposer la charia par la lutte armée. Il a été créé par lyad ag Ghaly, chef touareg originaire de l’Adrar des Ifoghas et acteur des rébellions des années 1990. Le 23 janvier 2013, Aghabass Ag Intalla, fils de l’influent chef tribal des Ifoghas et ex-député a fait scission d’Ansar Eddine pour créer sa propre faction, baptisée Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), qui affirme vouloir participer au dialogue politique et demande « l’arrêt des hostilités ».

 

Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), émanant du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), un mouvement djihadiste algérien très actif pendant la décennie de guerre civile, est un groupe se réclamant d’Al-Qaïda, qui a fait allégeance à son fondateur Oussama Ben Laden en 2006 et opère dans une grande partie du Sahel et du Sahara. AQMI, responsable de nombreuses prises d’otages d’Occidentaux, a subi de très lourdes pertes dans l’assaut, en février, par les armées française et tchadienne, de son fief dans le massif des Ifoghas au cours duquel l’un de ses principaux chefs, Abou Zeid, a été tué.

Le mouvement Unicité et Djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) est un groupe fractionniste d’AQMI. Composé surtout de Mauritaniens et de Maliens, il a établi sa zone d’influence dans la région de Gao (ville sur les rives du Niger). A la différence d’AQMI, le Mujao, davantage ancré dans la société malienne, a opté pour une guerre d’évitement contre les forces françaises et maliennes, multipliant les attaques suicides.

Source : Hors série Le Monde Bilan Géostratégie (édition 2013).

Chronologie sommaire opération Serval (avril 2013)

  • 11 janvier 2013 : arrêt de l’avancée des groupes terroristes entre Diabali et Konna par des frappes aériennes et mise en place des Forces Spéciales à Motpi ;
  • du 12 au 15 janvier 2013 : projection des premières troupes françaises à Bamako ;
  • 26 janvier 2013 : reprise de Gao ;
  • 27 janvier 2013 : reprise de Tombouctou ;
  • 30 janvier 2013 : reprise de Kidal ;
  • 7 février 2013 : reprise de Tessalit ;
  • 19 février 2013 : déclenchement de l’opération Panthère dans le massif du Tirarrar (Adrar des Ifoghas), toujours en cours en avril 2013 ;
  • Avril 2013 : avec les opérations ADADA (entre Tombouctou et Arouane), GUSTAV -1 000 hommes- (aux environs de Gao) et des opérations dans la région de Taoudéni, les forces françaises achèvent de « visiter » l’ensemble du territoire malien potentiellement concerné par des implantations terroristes.


Dispositif français engagé (début avril 2013)

Les Forces françaises, représentant environ 4 000 hommes, se composent :

  • d’un état-major opérationnel situé à Bamako ;
  • d’une composante terrestre constituée de 3 Groupements interarmes et d’un groupement d’hélicoptères.

Précisons que l’artillerie participe activement à l’opération Serval avec des éléments du 68e RAA et du 11e Rama (quatre Caesar et des mortiers de 120 mm ).

  • d’une composante aérienne rassemblant des avions de chasse et de transport, des drones, des avions de renseignement, renforcée par des moyens logistiques alliés ;
  • d’une composante Forces Spéciales ;
  • d’une composante logistique importante compte tenu de l’étendue du théâtre d’opération ;
  • des forces africaines qui sont constituées par :
    - la MISMA qui dispose de 6 000 hommes dont plus de 2 000 Tchadiens ;
    - les Forces Armées Maliennes qui comprennent près de 5 000 soldats (dont 3 000 seraient opérationnels).

 

Objectifs, phases et premier bilan

Rappel des objectifs

Le président de la République avait fixé trois objectifs à l’intervention française au Mali :

  • arrêter l’agression terroriste ;
  • sécuriser un pays où la France a plusieurs milliers de ressortissants ;
  • permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale.

Grâce à l’action remarquable des forces armées françaises ils sont en passe d’être atteints, quatre mois seulement après le début de l’intervention.

L’éradication du terrorisme est une tâche immense, en particulier dans une région où les frontières sont poreuses, où existent depuis toujours des zones grises et où prolifèrent les trafics. L’éparpillement des terroristes dans les pays voisins, en particulier vers le sud libyen et le nord Niger, ne doit pourtant pas masquer la réelle attrition de leurs effectifs et de leurs moyens.
Tous les jours pendant plus de trois mois, de cache en cache, de vallée en vallée, de rocher en rocher, à la « fourchette à escargot», suivant l’expression du ministre de la défense, à pied et dans des conditions climatiques extrêmes, les forces françaises et tchadiennes ont travaillé à détruire les capacités des organisations terroristes.
Les soldats tchadiens ont montré leur valeur, qu’il convient de saluer.

Il est un quatrième objectif, bien présent dans l’action des forces armées mais qui, pour des raisons évidentes, ne donne pas lieu à communication : c’est celui de la libération des otages français détenus par les organisations terroristes. Cet objectif mobilise pleinement, et à tous les instants, toutes les autorités françaises, politiques, diplomatiques et militaires.

Les phases de l’opération

Trois phases d’opérations doivent conduire à un transfert d’autorité à l’ONU.

Dans une première phase, débutant le 11 janvier et qui devrait s’achever dans le courant du mois d’avril, l’opération a eu pour objet la neutralisation du potentiel de combat des groupes terroristes au nord-Mali et des groupes résiduels rencontrés.
Cette première phase s’est d’abord focalisée sur les villes de Diabali et de Douentza d’où ont été chassés les groupes armés. Les villes de Gao et de Tombouctou ont ensuite été libérées, ainsi que les principales villes, grâce à des actions combinées aéroterrestres franco-africaines. Une part significative des groupes terroristes cherchant à s’enfuir, ou au contraire à revenir en ville, a été neutralisée.
En coordination avec les forces tchadiennes, les forces françaises ont pris pied au nord du Mali (à Kidal puis à Tessalit) pour empêcher la partition de fait du pays, et ainsi libérer les villes du Nord.
Les forces françaises et africaines se sont ensuite concentrées sur le massif de Tirarrar, zone sanctuaire des groupes armés terroristes, dans l’Adrar des Ifoghas, pour détruire leur logistique et réduire les poches de résistance.

La deuxième phase consiste à passer le relais à la force de l’Union Africaine (MISMA) et aux forces maliennes. Elle passe par une participation à la réorganisation et à la formation de l’armée malienne dans le cadre de la mission européenne EUTM-Mali ainsi qu’à son retour dans le nord du pays. Elle consistera également à appuyer et soutenir la MISMA et à favoriser sa transformation en MINUSMA. Elle se traduira par une diminution du volume des effectifs de l’opération Serval.
Le président de la République a annoncé que les effectifs devraient, au cours de cette deuxième phase, progressivement diminuer à partir de la fin avril pour passer de 4 000 à 3 000 hommes, pour un objectif de 2 000 hommes en juillet (et de 1 000 hommes à la fin de l’année 2013). Une centaine d’hommes a déjà quitté le territoire malien et rejoint le « sas de décompression » de Paphos.

La troisième phase de l’opération devrait débuter à la fin de l’été avec le « transfert d’autorité » à la force de l’ONU. Elle s’accompagnera d’un désengagement complémentaire des forces françaises, en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire.

Sur le territoire malien, des éléments français seront insérés au sein de l’état-major et constitueront également des détachements de liaison dans les unités africaines et maliennes. En outre, des éléments de soutien (principalement forces spéciales et appui aérien) seraient positionnés dans les états voisins : Niger, Burkina Faso, Mauritanie, en complément des points d’appui traditionnels (Tchad, Sénégal, Côte d’Ivoire).

Un premier bilan

Fondée sur le mouvement, la vitesse et la surprise, l’intervention militaire a été conduite jusqu’à présent de façon remarquable par les forces françaises. Alors que certains craignaient un enlisement, elles ont su frapper vite et fort, créer une guerre de mouvement avec une agilité remarquable, compte tenu des distances dans cet immense pays. 1 800 kilomètres séparent Bamako de Tessalit, soit la distance de Grenade à Dunkerque.

Les forces françaises ont su mener l’intervention avec une remarquable rapidité, manifestation d’une agilité que peu d’armées possèdent, y compris au sein du monde occidental. Cinq heures seulement après la décision présidentielle le 11 janvier, nos forces étaient déjà en action. Cette capacité de réaction instantanée, articulée sur nos points d’appuis en Afrique, est une prouesse.

Des planifications ont sans doute pu être conduites -c’est le rôle des États-majors que de se préparer à toute éventualité-, à la fois dans le cadre du schéma initial envisagé par la résolution 2085 (déploiement à l’automne sur tout le territoire malien de forces africaines) et dans celui, plus informel, de la présence « discrète » de nos forces spéciales à Ouagadougou, liée à nos otages au Sahel. Elles ont certainement constitué des « briques » utiles pour composer un scénario qu’il a toutefois fallu monter très vite. Si nos forces ont su réagir dans l’urgence pour bloquer l’accès au Sud et à Bamako, face à une agression terroriste que personne n’avait pu prévoir, c’est qu’elles s’étaient préparées : cadencement des opérations, points clés à tenir, contraintes logistiques, la réflexion avait été menée, ce qui a permis la préparation et le déroulement sans heurts de la suite.

Les combats ont parfois été extrêmement violents, contre un ennemi fanatisé, bien entraîné et équipé. Les forces françaises y ont montré leur courage et leur valeur.
Au Nord, elles ont eu à faire face à des troupes aguerries, fortement armées, extrêmement mobiles, bien entraînées et motivées, se diluant dans le désert, et sachant mener des combats structurés dans une région particulièrement hostile qui leur est familière, au cœur d’un immense désert au relief accidenté. Il a fallu parcourir à pied, dans des conditions extrêmes, des immensités rocailleuses. Il a fallu lutter au corps à corps pour prendre la forteresse d’AQMI, sa « redoute » dans l’Adrar des Ifoghas.
Plus au Sud, et près de Gao, en particulier, les forces françaises ont eu à affronter les pièges d’une guerre terroriste « asymétrique ». Les terroristes se diluaient dans la population et n’hésitaient pas à mener, depuis leurs villages ou leurs îles (notamment l’île de Kadji où Ansar Sunna – Les fidèles de la parole de Dieu – est présente et où le MUJAO a trouvé refuge), des actions kamikazes meurtrières. Parmi les adversaires figuraient de très jeunes hommes et même des enfants, parfois sous l’emprise de stupéfiants.

Plusieurs centaines de combattants (entre 400 et 500 d’après certaines estimations françaises, 600 d’après l’armée malienne) et plusieurs dizaines de tonnes d’armes (au moins 40 tonnes au nord, une quinzaine près de Gao) auront été neutralisés, atteignant au cœur un sanctuaire qu’il avait fallu 10 ans à AQMI pour construire.
Dans quelques semaines, quand les dernières poches de résistance seront réduites, aussi bien dans l’Adrar des Ifoghas qu’autour de Gao et Tombouctou, la virulence de la menace ne sera plus la même qu’avant l’intervention.
La situation sécuritaire s’est nettement améliorée, à l’exception de quelques poches de résistance, dans le Nord et autour de Gao, ou d’attaques sporadiques comme à Tombouctou fin mars début avril. En la matière, la question de la dissociation des terroristes et de la population est cruciale.
Les conditions de restauration de la souveraineté malienne sur tout le territoire sont désormais mieux réunies.

 

Comment gagner la paix ?

En vertu de la Constitution, le Parlement devait autoriser le 22 avril la prolongation de l’intervention qui a débuté au Mali le 11 janvier 2013. C’est pour préparer ce vote au Sénat que le groupe de travail « Sahel » de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées a présenté un rapport d’information, qui a été rédigé sur la base d’un déplacement à Bamako les 23 et 25 février dernier, ainsi que de nombreux entretiens.

Dans ce rapport, la Commission du Sénat livre son analyse. Intervention légale et légitime, « Serval » a confirmé les capacités des forces françaises et révélé les faiblesses de l’Europe de la défense. Confrontés à leur plus grave crise depuis l’indépendance, les Maliens doivent aujourd’hui écrire leur avenir. Faute d’un réel sursaut politique, il est encore incertain. La réconciliation, indispensable, entre le Nord et le Sud, n’est pas entamée. Pour le désengagement français et le passage de relais à l’opération de maintien de la paix de l’ONU, la MINUSMA, d’ici juillet, de réels défis restent à relever : risque terroriste résiduel, reconstruction de l’armée, des forces de sécurité et des structures administratives maliennes, en particulier au Nord, montée en puissance des forces africaines de la CEDEAO. La solution de long terme n’est pas militaire, mais réside dans une approche globale, définie à l’échelle de la région sahélienne et traitant du développement, des architectures de sécurité et de la gouvernance.

La Commission prend position pour l’autorisation de la prolongation de l’intervention, mais formule 10 impératifs pour « gagner la paix ».
Constituant un véritable plan d’action, il nous semblé particulièrement important de les reproduire intégralement dans le cadre de ce dossier.

  1. Le premier risque aujourd’hui serait l’enlisement du processus politique malien, « scénario catastrophe ». Il faut aller aux élections, au moins présidentielles, dans les meilleures conditions possibles, d’ici fin juillet, quitte à « découpler » les législatives. Le deuxième risque est celui d’une absence de réconciliation qui obèrerait la refondation démocratique du Mali ;
  2. Le zèle des autorités maliennes à promouvoir une véritable réconciliation n’est pas totalement avéré, surtout en période électorale. La lutte contre l’impunité et le dialogue avec le nord sont pourtant les deux piliers pour refonder le pacte national malien. La commission « Dialogue et réconciliation » doit commencer à travailler. Il faut dépasser la « tentation du déni » et entamer le dialogue. La question de Kidal et celle du massacre d’Aguelhoc sont deux abcès de fixation qui doivent recevoir un traitement particulier ;
  3. L’État malien est à reconstruire : armée, forces de sécurité, justice, et, au Nord, administration. De cet effort, ce pays n’a pas les moyens sans l’aide de la communauté internationale, il faut en tenir compte pour la conférence du 15 mai ;
  4. Les facteurs de fragilité qui ont conduit à l’effondrement du Mali sont partagés par plusieurs États de la région. La réflexion pour lutter contre les défis de long terme doit engager l’Union européenne, englober l’ensemble du Sahel et s’attaquer aux causes structurelles (sous-développement économique, explosion de la démographie, trafics en tous genre, notamment cocaïne, problèmes de gouvernance …). Faute de quoi les forces de décomposition reprendront le dessus ;
  5. Le Conseil européen de décembre 2013, consacré à la Défense, devra poser la question de la volonté politique, dans la mesure où la solidarité européenne s’est trouvée « cantonnée » à la formation de l’armée malienne (outre un soutien bilatéral de certains alliés). Pour l’heure, la question du partage de l’effort, notamment financier, se pose, pour la prise en charge des intérêts stratégiques européens en Afrique de l’ouest ;
  6. L’aide au développement, enjeu de la conférence du 15 mai, pose quatre défis : la nécessité d’une approche globale, la coordination des bailleurs, la capacité d’absorption des Maliens et l’équilibre politique entre développement au nord et au sud du Mali ;
  7. Serval, qui a démontré les capacités opérationnelles de nos forces armées, a aussi montré les limites de notre appareil de défense, aujourd’hui préservé d’arbitrages budgétaires potentiellement dévastateurs et d’un déclassement stratégique par les déclarations du Président de la République (tendant à maintenir au niveau de 2013 le budget de la défense en 2014, soit 31,4 milliards d’euros) ;
  8. Une réflexion complémentaire doit être lancée sur nos points d’appui en Afrique : le Livre Blanc de 2008 programmait un rétrécissement qui n’aurait pas permis, s’il avait été totalement mis en œuvre, d’intervenir au Mali dans les mêmes conditions. Cet enjeu sera-t-il pleinement traité dans le Livre Blanc de 2013 ? Comment maintenir notre empreinte et résister à la tentation du « hors sol » ? Faut-il rééquilibrer vers l’ouest le centre de gravité de nos points d’appui ? Il faut réfléchir à notre politique africaine de sécurité, reformulée autour de deux paradigmes : l’européanisation et l’africanisation, qui n’ont pas démontré, en l’espèce, leur solidité ;
  9. Les architectures de sécurité régionales n’ont pas été en mesure de faire face à la menace. Une réflexion doit être menée sur le renforcement de la « force africaine en attente », et sur une association de l’Algérie, État central pour la résolution de toute crise sécuritaire dans la région sahélienne. Rien ne pourra se faire sans l’Algérie, grande puissance militaire forte d’une armée de 300 000 soldats, qui connait le terrorisme pour l’avoir subi pendant « les années de plomb » au prix de plus de 100 000 morts ; l’Algérie avec laquelle nous avons décidé d’écrire « une nouvelle page de notre Histoire » (déclaration du Président de la République à Alger le 21 décembre 2012), et dont les positions ont favorablement évolué depuis l’engagement de l’opération Serval et l’attentat de Tiguentourine près d’In Amenas ;
  10. Il semble de plus en plus s’opérer un « couplage », via la contagion du terrorisme et du radicalisme religieux, entre Maghreb, Machrek, Moyen-Orient et Afrique subsaharienne. Une vision d’ensemble est nécessaire : il faut introduire de la cohérence, dans notre approche, face au continuum que peut représenter, dans une certaine mesure, l’islamisme politique, les différents courants salafistes et le « djihadisme » armé, (entendu comme l’action des groupes terroristes), dressé contre nos intérêts. Au djihadisme armé, il ne peut être répondu qu’au plan militaire, où il se place lui-même. Pour le reste, il faut distinguer entre l’islam et l’islam politique, qui détourne la religion à des fins politiques, pour bâtir un modèle de société où les valeurs républicaines (alternance démocratique, égalité hommes-femmes, etc…) ne trouvent pas forcément leur compte.
    Il est indispensable d’approfondir nos analyses sur les changements politiques dans le monde arabo-musulman.

 

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