Géopolitique de la république Centre africaine

Géopolitique de la république Centre africaine

Par FNA
20 avril 2014

Géoplitique de la république Centre africaine

La République centrafricaine, aussi appelée la Centrafrique est un pays d’Afrique centrale, dont la population est estimée à 4 500 000 habitants, pour une superficie d’environ 623 000 km². Il est entouré par le Cameroun à l’ouest, le Tchad au nord, le Soudan et le Soudan du Sud à l’est, la République démocratique du Congo et la République du Congo au sud. Le pays est membre de l’Union Africaine, de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale et de la Communauté des États sahélo-sahariens.

Le territoire de la République centrafricaine recouvre celui de la colonie française d’Oubangui-Chari, qui fait partie de l’Afrique-Équatoriale française de 1910 à 1960.

La Centrafrique (RCA) est un pays enclavé sans accès à la mer. L’essentiel de la frontière sud du pays suit le cours du fleuve Oubangui et de son affluent le Mbomou. La partie nord du pays constitue le haut bassin du fleuve Chari. Le mont Ngaoui avec ses 1 420 m est le point culminant.

Le pays est partagé entre savanes et forêt équatoriale (au Sud), et connaît pour l’essentiel un climat tropical.

En République centrafricaine, le revenu par habitant est de 350 dollars en 2007. L’agriculture représente 55 % du PIB. Les principales cultures sont le manioc (cassave), les bananes, le maïs, le café, le coton et le tabac.
Le nord-ouest et le centre du pays représentent un bassin agricole important pour les cultures de coton et de canne à sucre. Toutefois, la faiblesse des infrastructures et du soutien à la production, qui reste majoritairement extensive, limite très fortement les rendements, très inférieurs à ceux des pays voisins. L’enclavement du pays demeure un handicap important.
Le tissu industriel, qui n’a jamais été très développé par rapport aux pays voisins comme le Cameroun par exemple, a souffert des troubles militaires et politiques successifs, et est aujourd’hui quasiment inexistant.
Les services publics (eau, électricité, téléphone filaire…), monopoles d’État, sont dans des situations financières difficiles, et les équipements, faute de maintenance et d’investissement, sont pour la plupart vétustes, entraînant des ruptures de service très fréquentes.
Un cadre législatif anachronique, inadapté, et appliqué de façon parfois surprenante, une forte implication de l’État dans les secteurs productifs, caractérisent l’économie de la République centrafricaine,
Le tourisme reste encore anecdotique, autant du fait de la faiblesse des infrastructures d’accueil et de transport que de l’insécurité qui règne dans le pays.

Un territoire mal maîtrisé

Estimée à 5 millions d’habitants environ, la population de la RCA est faible. Avec une densité de 8 habitants par kilomètre-carré, le territoire demeure mal maîtrisé.
L’est et le nord-est (40 % du territoire) sont pratiquement vides, alors que 90 % des Centrafricains vivent dans le centre et l’ouest du pays . Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette inégale occupation de l’espace national : épidémies, guerres internes, brutalités et crimes commis par les sociétés concessionnaires, recrutement militaire forcé durant les deux guerres mondiales etc.

La période coloniale s’est accompagnée d’un sous-investissement chronique, avec une insuffisance particulièrement manifeste en matière sanitaire et scolaire qui perdure jusqu’à nos jours. La sous-médicalisation permanente entretient une surmortalité considérable, qui demeure d’actualité

La décolonisation et l’accession à l’indépendance n’ont pas marqué d’amélioration. En 2013, la majeure partie de la population demeure, dans une situation peu enviable. C’est ainsi que 41 % des habitants ont moins de 15 ans, ce qui donne à la RCA l’avantage théorique que confère une population jeune : main-d’œuvre abondante, dynamisme et esprit d’entreprise, effectifs disponibles pour les forces armées. Mais les Centrafricains qui ont échappé à l’un des taux mortalité infantile les plus élevés au monde (102 ‰) ne peuvent guère espérer vivre au-delà de 50 ans.

La nation inexistante

La décolonisation (13 août 1960) et le choix de l’intangibilité des frontières par l’Organisation de l’unité africaine n’ont pas davantage en RCA qu’ailleurs donné naissance à un État-nation
Le pays connaît une forte diversité ethnolinguistique. Une soixantaine de langues sont parlées. Seuls ont le rang de langue officielle le français (depuis 1960) et le sango (depuis 1963) qui fut et demeure la langue des échanges commerciaux et dont l’usage se généralisa avec le processus d’évangélisation. Il s’agit d’un des rares cas en Afrique d’officialisation d’une langue qui ne fût pas celle d’un ancien colonisateur. Le français demeure peu parlé (76 % de la population l’ignorerait) et ressort (comme un marqueur social) comme la langue de l’État et d’une élite

Les Centrafricains se rattachent à des croyances diverses
D’après le recensement de 2003, les principales religions en République centrafricaine sont les suivantes : christianisme (80,3 %, dont protestantisme 51,4 % et catholicisme 28,9 %), Islam (10,1 %), animisme (9,6 %).

La démocratie introuvable

La République centrafricaine vit depuis son indépendance à l’ombre des coups d’État, des mutineries et de la corruption, constituant tout à la fois un drame humanitaire et un sérieux défi de sécurité régionale. Incapable de contrôler son territoire et entourée de pays turbulents, la RCA est aujourd’hui plus qu’un État failli…
De la période Bokassa (1965-1979) à la transition assurée par Michel Djotodia (août 2013 – janvier 2014), la RCA n’est jamais parvenue ensuite à assurer une gouvernance politique stable et pérenne.

Un des pays les plus pauvres du monde

L’indice de développement humain-IDH de la RCA est de 0,343, ce qui la classe au 179e rang sur 187 pays évalués. La RCA est l’un des rares pays où la population rurale demeure largement supérieure à la population urbaine : environ 60 % contre environ 40 %, principalement concentrés à Bangui, qui dépasse le million d’habitants. Le montant dérisoire des dépenses estimées de santé (4 % du PIB) et d’éducation (1,2 % du PIB) contribue à expliquer la détresse dans laquelle est maintenu ce peuple.
Le délabrement des services publics, la corruption, l’instabilité politique et les soulèvements armés pérennisent le sous-investissement chronique de la période coloniale.

Enclavé, pauvre, la RCA ne manque pas pourtant pas d’atouts: eau, diamant, or, fer, uranium, cuivre, etc. Cependant, l’imbrication étroite entre intérêts publics et privés a eu raison de son développement.
L’actuelle guerre civile s’inscrit dans cette chronologie d’un État toujours en quête de lui-même, d’un territoire instable, vulnérable à toutes les agressions.

carte géo centrafrique

 

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